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sigle du rccdExcellence Monsieur le Président de la République,

Le « Rassemblement Culturel et Civil des Déracinés » en abrégé RCCD, est un parti politique déclaré en Côte d’Ivoire, depuis 1996. Il est essentiellement constitué de personnes qui n’aiment pas la politique, car nous sommes convaincus que la politique, telle qu’elle se pratique aujourd’hui, est appelée à disparaître, ou à se transformer profondément. Aussi, nous invitons l’humanité toute entière à s’élever au dessus de la politique politicienne, en trouvant de nouveaux modes de gestion de la société.

En Côte d’Ivoire par exemple, nous avons pu nous rendre compte à travers la crise, le conflit post électoral et la guerre, que la priorité de tous les partis politiques était la prise et la conservation du pouvoir politique quel qu’en soit le prix.

La « communauté internationale » qui a poussé les acteurs et les citoyens ivoiriens aux urnes, n’a pas été capable de conduire le processus à son terme de façon pacifique. La présence des casques bleus de l’Organisation des Nations Unies en Côte d’Ivoire n’était pas une force morale et militaire suffisante pour imposer « le résultat des urnes ». Cette incapacité a permis un bras-de-fer entre le président sortant, Laurent Gbagbo de LMP (La Majorité Présidentielle) et Alassane Ouattara du RHDP (Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix) déclaré vainqueur par la Commission électorale indépendante (CEI) dont les chiffres sont certifiés par le Représentant spécial de l’ONU, mais invalidés par le Conseil constitutionnel. Deux camps, deux raisons. Chacun revendiquant la légitimité.

« Derrière chaque loi, bonne ou mauvaise, il y a le canon d’un fusil.
Selon la formule concise du Général de Gaulle, il faut que le droit ait la force de son côté. »[1] Face à l’intransigeance des deux camps, la guerre s’imposait pour s’accaparer de la réalité du pouvoir.

Cette guerre traumatisante que les populations ont payée au prix le plus fort, s’est achevée le 11 avril 2011, par la capture du couple Gbagbo et des principaux dirigeants LMP. Ce fut un grand soulagement pour les populations impuissantes, prises en sandwich entre des combattants au sol utilisant des armes lourdes et les pilonnages aériens qui les poussaient à se terrer de frayeur… bref l’essentiel pour les populations est que « les armes se taisent« .

M. Alassane Ouattara, vous êtes bel et bien le président incontestable de toute la Côte d’Ivoire. Vous avez gagné ce que vous méritez pour deux raisons : Votre grande « capacité d’encaisser » comme disent les boxeurs. De « l’Ivoirité » jusqu’à la profanation de la tombe de votre mère, paix à son âme, vous avez résisté aux pires attaques, les plus injustes et les plus ignobles. La deuxième raison de votre victoire, est due à votre stratégie exceptionnelle d’intégration. Ni les casques bleus de l’ONU, ni les forces armées françaises de la Licorne, ni l’armée de la CEDEAO, ni les Forces nouvelles (anciens rebelles), ni le « Commando invisible » n’étaient capables, séparément, de venir à bout de la folie meurtrière du camp LMP de Laurent Gbagbo. La force que vous avez créée est puissante car c’est un puzzle, un ensemble qui intègre toutes les forces précitées, avec en prime la bénédiction politique de l’ensemble des partis du RHDP, de la CEDEAO, de l’UA, de la « communauté internationale », de l’ONU, de l’UE, de la France et des Etats Unis d’Amérique. Vous devez tout à cet ensemble et rien à chaque élément pris séparément. Vous n’avez pas non plus à rougir de la participation des forces armées françaises de La licorne, dans la « recolonisation » de la Côte d’Ivoire, car il faut bien admettre la vérité que l’Ebrié[2] n’est pas plus propriétaire de la Côte d’Ivoire que le Français. Toute tentative d’exclusion de la France, des Français et des étrangers est vouée à l’échec dans le « Village planétaire » qui nous impose désormais le dictat de l‘Intégration. L’échec de Laurent Gbagbo est dû à son entêtement à poursuivre la voie anachronique de l’exclusion. Sa chute ne signifie pas que nous soyons sortis de l’auberge. Il faut espérer que nous ne sortons pas de la « dictature de Gbagbo et des Bétés » pour nous retrouver dans une nouvelle « dictature de Ouattara et des Dioulas« . Car la question tribale n’a jamais été sérieusement posée et résolue par aucun parti politique. Seulement nous pouvons dire qu’est définitivement résolue, la crise ivoirienne en tant que problème local lié à la succession au pouvoir depuis la disparition en 1993 du premier président de la Côte d’Ivoire, Félix Houphouët Boigny.

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