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“La démocratie, c’est…”

L’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique en Côte d’Ivoire avait lancé un appel à participer à “Democracy Video Challenge”. Une compétition initiée par les Nations Unies à l’occasion de la Journée Internationale de la Démocratie du 15 septembre 2008. Pour participer à cette compétition, les concurrents devaient réaliser une courte vidéo qui compléterait la phrase La démocratie, c’est…. Les lauréats devraient bénéficier d’un « voyage tous frais payés à Washington, New York et Hollywood »

Je me suis fait le relais de cette information que j’ai retransmise aux cinéastes de Côte d’Ivoire en les incitant à y participer massivement. A cause de l’intérêt du sujet, nous avons aussi consacré du temps à travailler sur la question, en petits groupes, dans le cadre des activités pédagogiques du CARAS. Les productions issues de ce travail n’ont jamais été soumises à la compétition. Question de confiance.

Nous préférons exposer directement notre réflexion, à l’appréciation du citoyen que vous êtes. En ce qui concerne l’organisation sociale et la démocratie, nous faisons plus confiance au citoyen, qu’à la machine diplomatique américano-onusienne. C’est aussi, disons le, une façon de nous rebeller contre la vision occidentale de la démocratie qui n’est ni plus ni moins qu’une escroquerie.

 

L’apport des jeunes

 

Néanmoins nous remercions l’Ambassade des Etats Unis d’Amérique et l’Organisation des Nations Unies d’avoir initier “Democracy Video Challenge”, car cela nous a incité à faire avec les jeunes, un travail intéressant de recherches et de réflexions approfondies sur la question de la démocratie.

A la fin du générique de la vidéo ci-jointe, il est écrit : « Texte de Mory Traoré ». Cela n’est pas tout à fait exact car le texte ci-dessous est le seul écrit de Mory Traoré :

Hum… ça c’est ce que nous apprenons à l’école, mais en réalité, la démocratie actuelle est la dictature de la Constitution écrite sur le peuple. Celui qui n’admet pas cette autocritique n’a vraiment rien compris à la démocratie.

En fait, quatre autres acteurs contribuent à l’écriture de ce film. D’abord la tradition qui nous fournit la phrase : « La démocratie est le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple » que nous nous bornons à réciter comme des perroquets. Ensuite, KASS (Kassim Diarra), un enfant de cinq ans qui a trouvé tout seul la phrase que nous utilisons comme le titre du film : « On leur parle, ça sort ici ». Sont également de lui les phrases suivantes lancées à l’encontre de celui qui n’admet pas l’autocritique : « Il est très embêtant », « Il ne comprend rien à la démocratie ». Puis le hasard qui fait que le jour du tournage un des enfants porte un tee short sur lequel il est écrit : USA. Enfin, le génie de l’improvisation des enfants qui pousse Edyks Kanga à se dresser au bon moment, bomber sa poitrine avec l’inscription « USA », et KASS (Kassim Diarra) à émettre un cri d’horreur, fuir en sortant de l’écran. Il est surprenant que des enfants de cet âge aient pu comprendre et réagir de la sorte face à mon texte de départ qui semble si complexe, que certains collègues, professeurs à l’université, sont incapables de comprendre.

Merci cher lecteur de vous intéresser à notre modeste travail. Reste maintenant à vous de vous exprimer.

 

 

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