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Les Français sont bien connus pour être un peuple de bluffeurs, du genre à dire : “cela n’arrive qu’aux autres”. Et pourtant, il existe de bonnes raisons et de nouvelles qui s’accumulent de plus en plus pour justifier la normalité d’un tel clash.

La démission récente du chef d’état-major des Armées, le général Pierre de Villiers, ressemble bien à un dernier avertissement des armées qui n’en peuvent plus. Elles ont trop donné, on leur en demande encore plus sans leur fournir les moyens adéquats. Par-dessus le marché, on se permet de les humilier publiquement à travers le chef d’état-major des Armées. Ce n’est pas monsieur Pierre de Villiers qui a été humilié, car il est monté au créneau, non pas pour défendre des intérêts personnels, mais la cause de toutes les armées. On ne s’en prend pas à l’armée sans recevoir une réponse. Félicitons le général Pierre de Villiers et toutes les armées françaises de n’avoir pas immédiatement fait usage du pouvoir de leurs armes. Considérons tout de même la démission du CEMA comme un tir de sommation exécuté dans les règles de l’art.

Le Général Pierre de Villiers a démontré de façon éclatante qu’il est un véritable maître en matière de stratégie. En deux temps, trois mouvements, il a, sur le terrain, recadré le président de la République et tout un gouvernement d’enfants naïfs non initiés aux réalités de la vie. Monsieur Emmanuel Macron se trouve du coup dans le rôle ridicule de “l’arroseur arrosé”. Sauf qu’ici, il ne s’agit pas d’une petite blague, mais d’un problème extrêmement grave de sécurité humaine qui préoccupe toute la nation.

L’acte de démission, bien orchestré, du général de Villiers, fait de lui un homme d’exception, de la dimension d’un Gorbatchev. Il a posé un point marginal entre ce qui sera désormais appelé, un avant et un après de Villiers.

La France, désormais sans un chef d’état-major des armées, est au bord du gouffre. C’est cela la triste réalité. Un CEMA de l’acabit du général Pierre de Villiers n’est pas un pion qui se remplace par un autre sans grande incidence sur toutes les armées. Le successeur, quel qu’il soit, ne pourra que, honteusement, se blottir dans le coin bien rétréci par le président de la République. De toute façon, le problème est ailleurs et ne sera pas si facilement résolu. Au-delà même de la question financière, la complexité de l’équation en appelle à un sursaut national.

Notez que le général Pierre de Villiers a en priorité exprimé sa démission à ses frères d’armes et au peuple français avant le rendez-vous prévu avec le Président de la République. Soulignons aussi ce sens du respect et de la responsabilité du chef d’état-major vis-à-vis du peuple, bien que n’ayant pas été élu, mais nommé. Comme quoi, une personne nommée peut avoir un sens de la responsabilité plus élevé que grand nombre d’élus de la nation.

Les peuples et les citoyens français doivent eux aussi entrer en scène, faire montre de leur responsabilité.

La bévue, il faut appeler les choses par leur nom, car, c’est de cela qu’il s’agit, la bévue de monsieur Emmanuel Macron Président de la République, remet en cause toutes les institutions héritées de la Révolution française de 1789. À commencer par la Constitution.

Le choix de la période de la fête du 14 Juillet de la part du CEMA pour annoncer sa démission n’est pas fortuit. De Villiers nous suggère, par le choix de cette date, ce qu’il ne pouvait complètement dire ou faire à cause de sa loyauté :

Les armements de la France et ses idéologies héritées de la Révolution de 1789 sont obsolètes. La France a un besoin urgent d’être entièrement updated (mise à jour).

Vu l’incapacité patente des représentants politiques à assurer la sécurité de façon durable, le choix est bien mince qui n’offre que l’alternative du coup d’État pour la raison suivante :

Si la Révolution française a valorisé la démocratie représentative par l’intermédiaire du papier, le troisième millénaire, grâce aux ondes, impose aux populations du monde entier le direct. Dans la civilisation moderne du papier, pour atteindre le maximum d’efficacité la division et les intermédiaires sont absolument nécessaires. Dans la civilisation post-moderne du 21e siècle, nous y sommes, les intermédiaires constituent une lourdeur contre-productive, inefficace.

Nous avons le choix entre la dictature directe exercée par l’armée ou la démocratie directe pratiquée par le peuple : mais dans tous les cas, il faut invalider la constitution écrite et opter pour le kurukanfuga (constitution orale par le peuple, sans discrimination).

Un peuple prévenu en vaut deux. Si le peuple et les citoyens français ne prennent pas la responsabilité qui est la leur, personne ne pourra reprocher aux Armées de prendre leur responsabilité, car je l’imagine, elles ne se laisseront pas indéfiniment conduire à l’abattoir.
À bon entendeur, salut !.

Mory Traore

Abidjan, Côte d’Ivoire

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